Du sexe à la SNCB de Founin
Par gizmo, mardi 7 mars 2006 à 17:19 // Pad mois
l y a quelques jours, je me trouvais dans un train de la ligne Bruxelles-Liège. Comme à mon habitude, je ne sais pas quel wagon choisir, encore pire, quelle place choisir. Tout est non-fumeur. D'instinct, sans regarder les inscriptions latérales, je me dirige vers un wagon première classe. Le tablettes sont larges, les sièges ont l'air plus confortable. Je juge ceux qui ont leur cul posé sur le velour. Bon allez, on suit la masse, je seconde un groupe de touristes à première vue espagnoles, confirmé par une première entente. Je pose maintenant mon regard sur leur cul, inévitable. On passe enfin dans les wagons deuxième classe.
La place maintenant. Merde, il y a du monde. Il me faut une place à deux avec deux places libres ! La jolie fille célibataire de mes rêves va venir s'installer à côté de moi à la prochaine station, me faire la conversation, me demander mon numéro de téléphone et m'embrasser avant de descendre. C'est l'heure de pointe, pas de deux places avec deux places libres. Je me résigne, scrute, et finis par faire le mauvais choix, comme d'habitude. Une place à quatre, un type en costard qui dort et qui pue, et une vieille, ou l'inverse. Je bouscule, je rougis et m'installe côté fenêtre. Ah, quand même, une bonne diagonale s'offre à moi : un couple dont je ne vois que la partie femelle, le bon cinquante pourcents. Le train s'engage.
Merde, la fille me mate. Ne panique pas, reste calme, soutiens son regard, soutiens son regard... Pas trop !!! Elle l'a détourné, elle embrasse son mec les yeux ouverts. Salope. Je me dis que je pourrais la culbuter dans les chiottes du train. C'est trop petit, mais j'imagine la lumière rouge visible par toutes les personnes du wagon, et moi, à l'intérieur des chiottes et de la fille. Je me dis que je pars en couille encore une fois, alors je sors mon gsm qui venait de vibrer. Sms d'un amour de jeunesse, réponse formatée, comme d'habitude.
Quelques minutes plus tard, l'amour de jeunesse, que je nommerai Aurélie pour brouiller les pistes, rentre dans mon wagon. (Je m'approprie les lieux dans lesquels j'évolue.) Pur hasard, évidemment. Ca faisait presque cinq ans que je ne la voyais plus... d'aussi près ! Une longue conversation s'enchaîne alors que nous repartons de Louvain-La-Neuve. Durant la demi-heure qui a suivi, je n'ai pas écouté la moitié de ce qu'elle m'a raconté, passant davantage de temps à me rappeler pourquoi elle m'avait fait craquer. J'ai repensé aux chiottes et à la lumière rouge un court instant, mais j'ai eu peur que ça ne se voit trop dans mes yeux. Elle me fait craquer ; Et j'ai oublié la salope de la diagonale.
Texte de Founin
