Lambeaux de pensées à l'occasion du 14 juillet. Mon retour dans le plat pays sous la lumière des feux d'artifice m'a fait de nouveau extatique. Presque une madeleine proustienne, l'alacrité dégagée par la foule me replonge dans ces jours de post-claustration: des bras hâlées qui m'ensevelissent, aux rires générés par les saillies de mon esprit facétieux. Les couleurs qui brûlent ma rétine dans ce ciel noir me font tressaillir à chaque déflagration retentissant sur la Meuse. La primeur de la découverte me laissant une reminiscence pleine d'exaltation, ne m'a pas déçu. Des mains fines triturant mes phalanges rigides à ces yeux accablés me faisant fléchir, je succombe bêtement à chacune de vos mimiques. L'assistance, les yeux scotchés sur les cieux et moi captif des votres. J'ai levé les yeux au ciel moi aussi, pour me libérer de vos pupilles, un instant, pour ne pas avoir l'esprit trop véhément. Vous aviez gagné, me réjouissant de votre sourire et de ma consolation. J'ai profité de ces moments, de ces minutes à vous regarder parler, rire, pleurer et crier. La période est écoulée, j'en prends mon parti. Je laisse le temps décider, comprenant vos mots et vos maux, je suis tout de même là à vos côtés. Les marches défilant me ramènent et peu à peu l'exaltation s'estompe. En poche, votre sourire volé place d'Italie, et je gravis les derniers paliers. Esseulé, je me contente des bras de Morphée.