Tant que les hommes massacreront les bêtes, ils s'entretueront. Pythagore

 mademoiselle N

Fringues par fringues
Je retire tout ce qui est de trop
Sur toi
Ah ah, ah ah

Je pourrais même tout arracher
Te coincer entre deux portes
Que le diable m'emporte

Ah ah ah

Viens par là
Que jme fasse mon cinéma, à moi
Sur toi
Ah, Ah, Ah ah, Ah

Je pourrais même bient'attacher
Te garder là à mes bottes... oui
Que le diable m'emporte

Que le diable nous emporte

Regarde comme tu me manques
Je fantasme nuit et jour
A force de plus faire l'amour

Regarde, comme tu me manques
Je fantasme nuit et jour
A force de plus faire l'amour

Ouh, ouh, ouh ...

Regarde comme tu me manques x2
Je fantasme nuit et jour x4
Regarde comme tu me manques
Je fantasme x2

Regarde comme tu me manques
Je fantasme nuit et jour
A force de plus faire l'amour.

Mademoiselle K - Fringue par fringue

 mademoiselle K

Votre mèche dans les yeux, les yeux dans le public, le public les yeux sur vous et de vous à moi, moi noyé dans vos yeux. Aux premières notes dissonantes, dans la stabilité du regard que vous m'adressez, je suis charmé par vos airs de muse androgyne, de torturée tranquille. Je vous revois, à genoux, semant chaque note dans l'air humide, tandis que la basse reprend peu à peu la mélodie. Et vous jouiez, encore, encore, sur vos genoux, accelerant, peu à peu, le rythme, le beat, ces mêmes notes, et vous commenciez dans votre improvisation qui n'en est pas, votre communication qui n'en est pas et votre passion qui ne fait qu'être. Et si vous voulez savoir Mademoiselle K, vous m'avez plu et je reviendrai.

 pérégrinations exaltées

Lambeaux de pensées à l'occasion du 14 juillet. Mon retour dans le plat pays sous la lumière des feux d'artifice m'a fait de nouveau extatique. Presque une madeleine proustienne, l'alacrité dégagée par la foule me replonge dans ces jours de post-claustration: des bras hâlées qui m'ensevelissent, aux rires générés par les saillies de mon esprit facétieux. Les couleurs qui brûlent ma rétine dans ce ciel noir me font tressaillir à chaque déflagration retentissant sur la Meuse. La primeur de la découverte me laissant une reminiscence pleine d'exaltation, ne m'a pas déçu. Des mains fines triturant mes phalanges rigides à ces yeux accablés me faisant fléchir, je succombe bêtement à chacune de vos mimiques. L'assistance, les yeux scotchés sur les cieux et moi captif des votres. J'ai levé les yeux au ciel moi aussi, pour me libérer de vos pupilles, un instant, pour ne pas avoir l'esprit trop véhément. Vous aviez gagné, me réjouissant de votre sourire et de ma consolation. J'ai profité de ces moments, de ces minutes à vous regarder parler, rire, pleurer et crier. La période est écoulée, j'en prends mon parti. Je laisse le temps décider, comprenant vos mots et vos maux, je suis tout de même là à vos côtés. Les marches défilant me ramènent et peu à peu l'exaltation s'estompe. En poche, votre sourire volé place d'Italie, et je gravis les derniers paliers. Esseulé, je me contente des bras de Morphée.

 questionnement dipsomane

Me permettrais-tu que je moitise ma main dans la tienne ? Ce parfum ne me rappelle que toi, n'est-ce pas étrange ? Peut-on raccomoder le temps qui a décousu notre relation ? Pourquoi m'embrasses-tu avec la joue ? Embrasses-tu avec le nez pour me suggérer d'arrêter de fumer ? Est-ce raisonnable de se parler bouche-à-bouche ? Crois-tu qu'ils nous entendent vivre ? Où va-t-on ? Comment as-tu les hanches aussi accueillantes ? Puis-je mourir à tes genoux ? Chanterais-tu un psaume si j'en connaissais un ? Peux-tu verser du temps dans mon verre ? Si je le bois lentement, resterais-tu avec ces dents immaculées ? Penses-tu penser à moi ? Qui sont ces gens brumeux ? Tu veux partir ? Et si la pluie sombre, sombrerions-nous avec elle ? Pourquoi tes cheveux tombent inévitablement sur tes épaules, longeant ta nuque sans fin ? Ne te tourne-t-il pas autour ? Cela te dérange-t-il que cela me dérange ? Si le sol est mou, faut-il que mes pieds l'accompagnent ? Est-il raisonnable d'avoir le blanc des yeux bleus ? Ne crois-tu pas que ton sourire peut-être addictif ? Et si le temps s'arrêtait, resterais-tu ?

 bitiquette oreillale

Mes doigts sont fourbus, d'inactivité en inactivité, les courbatures cérébrales à chaque mot écrit me pèsent. Frénétiquement mes phalanges se déplacent, tentent, puis se résignent à recopier les dernières pensées qui passent et trépassent aussi vite. Un vide violent, qui n'est qu'un reste d'un coma, cingle mon être de toutes parts. Tu étais là mais je ne l'étais déjà plus.
J'ai été usé par les pleurs, usé par le silence, usé par mon apathie ponctuée de réconfort naïf. Vidé de mon essence, ces mots résonnent dans ma tête, ce qui doit être une preuve du néant qui m'habite. Je vis de rien, éreinté par toutes choses, mon existence épuisée davantage. Deux doigts me narguent sous l'oreiller, puis ils s'envolent en fumée comme deux étiquettes d'oreiller. Mes bras ne rencontrent que l'aboulie de mon traversin et mes pieds restent froids. Je suis seul.
Jeune, j'étais correct en natation, mais 7 mois d'apnée devaient être ma limite. Sous l'eau, rien ne bouge, les formes floues traversent l'étendue, mais ce n'est pas ça. Immergé j'ai vidé tout l'air qu'il me restait, prenant celui que tu me donnais, et maintenant seul, je suffoque. Je me suis oublié et t'ai fait proie de mon attention et seul je ne fais plus attention à rien. Maintenant, je n'existe plus, j'étouffe de mal-être dans un corps vide, incapable de penser, de réfléchir, de se poser. Incapable de prendre le temps, de vivre, de savoir, anesthésié par l'herbe catalyseur de mon état, extenué de tendre la main. Je ne suis pas mort, je suis bien vivant, plus que jamais, mais défait.