éjà 2h38 et je ne dors pas. Le sommeil me nargue, emplissant des cernes allant du jaune au violet. Je dois avoir l'air d'un orang-outan sur la fin, seulement l'air bien sur, je n'ai pas les avantages de la vie animale. Pas d'horaire, ils n'ont pas d'impératif et ils n'ont même pas besoin d'être fidèle. Vivre, boire, manger et puis baiser finalement, voilà ce que l'on aimerait nous autres, humains. Devenir escargot pour qu'il n'y ait plus de sexe déterminé, avoir des préliminaires de 30h, vivre dans l'action constante, sur ses gardes qu'une main ne nous enlève de notre crevasse, qu'un pied nous écrase au sol. La vie d'un gastéropode doit être si palpitante comparé à la mienne... Et ce foutu radio réveil insiste un peu trop sur ma rétine. Je crois que je lui plais, il me fait de l'oeil. Vous habitez chez votre table de nuit ? Vous savez que je vous ai longtemps regarder le matin, mais je n'osais vous parler, vous aviez l'air si froid mais si bruyant. Je suis déjà pris comme vous le voyez, mais je crois qu'elle ne soupçonnera rien. Avancez encore d'une minute pour m'avouer votre coeur brulant de sentiments à l'idée de passer une nuit dans mes bras... Je le savais, vous êtes fou de me dire qu'il est 2h46. Je peux vous appeler 2h46 ? J'avoue qu'à l'idée de mes doigts frolant vos circuits éléctrisés, je perd la raison. Le rugueux de vos soudures couplé à la douceur de vos circuits me font frémir. Je me l'étais jamais avoué, mais je suis circuitophile, quelque chose comme ça. Enfin, ce n'est que de la peau que je touche là , et ça fait trop peu son effet. A penser escargot, j'en deviens mou. Force toi mon vieux, le devoir conjugale, l'amour et le plaisir. Et ce radio réveil qui veut s'insérer de nouveau dans mes pensées. Va bruler sur un pylone éléctrique, produit de consommation.
Et c'est à ce moment que j'ai joui, remplissant le devoir conjugal, sa satisfaction, ma déculpabilisation, et mon quota d'heure de sommeil.