Il était une fois votre vie. Il vous arrache, vous déracine du ventre maternel avant de vous couper les vivres au sens propre. Vos yeux s'écarquillent sur le monde et vous criez devant ces sourires béas. Pleurer, c'est la meilleur chose qui pouvait arriver pour eux. Là, parmi eux, enfin.
Alors, vous grandissez, vous nourrissant du monde, comme ils l'appelent. Le monde, cet environnement qui vous submergera jusqu'à la fin de vos jours. Alors plein d'insouciance, vous vivez, vous vous goinfrez de ce monde, vous engloutissez chaque parcelle de cet univers. L'éducation forme votre personnalité dans le règles de la société, de la bienséance. Pas question d'être hors-cadre ou vous serez misérable. Alors l'école vous apprends la vie, ce qu'elle est ici, aujourd'hui.
Il faut réussir, trouver un travail, trouver l'amour et puis, trouver la mort. Vous acquiescez encore et encore, vous suivez les traces tracés par vos aïeux, vous suivez Panurge sans jamais le quitter. Vous croyez votre vie unique parmi les moutons.

Et je ris du bas de mes 19 ans. Je t'emmerde. Profondément je t'emmerde, pauvre culture, qui ne voit en l'homme qu'une réussite professionnelle parsemée de bonheur materiel. Je t'emmerde pauvre vie qui s'autoproclame comme reine des rois alors que tu n'es rien, rien que quelques dizaine d'années avant de manger les pissenlis par la racine. Tu n'es rien, cesse de te croire tout. Tu n'es qu'un contrat de travail de 80 ans. De toute façon, nous sommes conditionnés pour cela. Que saurions-nous faire d'autres ? Rien, sans doute et surtout pas penser. Ainsi je te hais parce que tu as rendu les humains identiques, emplis d'une culture que tu leur a inculqué, déversé, celle de la croissance, celle du mieux, celle de l'élite. Mais je t'emmerde du bas de ma médiocrité, la vie n'est pas importante, tu n'es qu'un séjour où tu ne m'empechera pas d'être libre de penser et de te maudir. Je ris de moi, de toi et de tout. Je ris du sérieux que nous accordons aux choses, de l'importance que nous accordons à l'essentiel qui n'est que superfétatoire. Pauvre homme qui a cru être important mais qui n'est qu'un misérable être gonflé de vanité et d'arrogance. Ma vie ne sera pas guidée par la votre, elle attendra la mort. N'oubliez pas que la faucheuse passera vous prendre, elle, elle y pensera.

Il était une fois votre vie. A moins que ce ne soit la mienne, à moins que ce ne soit la notre.