If anything can go wrong, it will Murphy's law

 chute porno

Nous longeons le couloir, vers le hall de la résidence. Il passe devant moi et s'engage vers la sortie. Merde, je suis en chaussettes. Qu'importe, dans l'AX grise nous roulons le long de la falaise, 50 mètres au dessus de la mer. Nous sommes arrivés, je ne sais pas bien où. Tandis que je remarque mon professeur de théâtre arborant maintenant une coupe à la Matt Damon, je pense que cela fait un temps que je ne suis pas venu. Mes textes à apprendre me traverse l'esprit et me voilà déjà derrière la boulangerie. Je crois que l'un de nous 4 a faim, seulement il faut faire le tour. Deux le font, et je remonte dans l'AX avec le chauffeur. Nous roulons pour retourner dans cette salle, et finalement nous revoilà sur cette falaise. Non. Coup de volant. La clio noir plonge, et nous faisons de même. Elle me dit qu'elle va ouvrir la porte. Je prend mon sac et sort de la voiture alors que nous sommes déjà loin de la surface. Remonter. Nager. Je sens la pression me comprimer, à moins que ce ne soit le manque d'oxygène. Vite. Je sens la surface, comme si je respirais déjà. Saufs, nous voilà tous 3 allongés sur la route précédemment quittée. Nous plaisantons. L'une d'elles veut noter ce qui s'est passé tandis que l'autre suggère d'écrire qu'elle est morte. Nous rions. Allongés, tous les 3 sur ce lit style renaissance. L'une d'elle porte un costume du 17ème siècle, tandis que l'autre est nue. Je remarque qu'elle est rasée et j'apprécie. Mes doigts la pénètre tandis que je l'embrasse. L'autre a l'air de faire la moue. Je suis excité et déjà ses lèvres effleurent mon sexe. Ma pudeur me demande si j'ai déjà couché avec l'autre fille, mais je ne la connais pas. Peut-être est-ce pour ça qu'elle interpelle celle qui s'apprète à me faire jouir. Elle lui reproche d'avoir insulté les autres, ceux qui sont accoudés à la porte d'entrée de la chambre. Mon amante se lève du lit et s'en défend. Ma relation étant compromise, je me suis reveillé.

 Du sexe à la SNCB de Founin

Il y a quelques jours, je me trouvais dans un train de la ligne Bruxelles-Liège. Comme à mon habitude, je ne sais pas quel wagon choisir, encore pire, quelle place choisir. Tout est non-fumeur. D'instinct, sans regarder les inscriptions latérales, je me dirige vers un wagon première classe. Le tablettes sont larges, les sièges ont l'air plus confortable. Je juge ceux qui ont leur cul posé sur le velour. Bon allez, on suit la masse, je seconde un groupe de touristes à première vue espagnoles, confirmé par une première entente. Je pose maintenant mon regard sur leur cul, inévitable. On passe enfin dans les wagons deuxième classe.

La place maintenant. Merde, il y a du monde. Il me faut une place à deux avec deux places libres ! La jolie fille célibataire de mes rêves va venir s'installer à côté de moi à la prochaine station, me faire la conversation, me demander mon numéro de téléphone et m'embrasser avant de descendre. C'est l'heure de pointe, pas de deux places avec deux places libres. Je me résigne, scrute, et finis par faire le mauvais choix, comme d'habitude. Une place à quatre, un type en costard qui dort et qui pue, et une vieille, ou l'inverse. Je bouscule, je rougis et m'installe côté fenêtre. Ah, quand même, une bonne diagonale s'offre à moi : un couple dont je ne vois que la partie femelle, le bon cinquante pourcents. Le train s'engage.

Merde, la fille me mate. Ne panique pas, reste calme, soutiens son regard, soutiens son regard... Pas trop !!! Elle l'a détourné, elle embrasse son mec les yeux ouverts. Salope. Je me dis que je pourrais la culbuter dans les chiottes du train. C'est trop petit, mais j'imagine la lumière rouge visible par toutes les personnes du wagon, et moi, à l'intérieur des chiottes et de la fille. Je me dis que je pars en couille encore une fois, alors je sors mon gsm qui venait de vibrer. Sms d'un amour de jeunesse, réponse formatée, comme d'habitude.

Quelques minutes plus tard, l'amour de jeunesse, que je nommerai Aurélie pour brouiller les pistes, rentre dans mon wagon. (Je m'approprie les lieux dans lesquels j'évolue.) Pur hasard, évidemment. Ca faisait presque cinq ans que je ne la voyais plus... d'aussi près ! Une longue conversation s'enchaîne alors que nous repartons de Louvain-La-Neuve. Durant la demi-heure qui a suivi, je n'ai pas écouté la moitié de ce qu'elle m'a raconté, passant davantage de temps à me rappeler pourquoi elle m'avait fait craquer. J'ai repensé aux chiottes et à la lumière rouge un court instant, mais j'ai eu peur que ça ne se voit trop dans mes yeux. Elle me fait craquer ; Et j'ai oublié la salope de la diagonale.

Texte de Founin

 ouvre les yeux

Vous l'avez vu le premier et vous croyez qu'elle s'en fiche. Approche timide, bafouillant quelques mots d'esprits maladroits et ça la fait craquer, vous pensez. Vous n'avez pas le temps, vous n'aviez pas prévu, coup du sort, un numéro de téléphone en poche. Vous vous revoyez, sûrement chez elle, autour d'un dîner, sans doute végétarien. Vous parlez d'elle et elle contemple vos sourires maladifs et trop contagieux. Vous n'avez pas bien compris pourquoi, mais vous êtes parti avec ses lèvres en promesses. Vous y pensez, toute la nuit. Vous vous souvenez ne pas être allé travailler le lendemain, ils ne comprendraient pas. Elle obsède, se reflète dans chaque mot, chaque pensée. Voix embuée d'une nuit blanche, vous l'invitez, chez vous sans doute, car vous n'aimez pas la rigueur des restaurants. Votre sourire béa est ridicule mais rien ne l'étouffe.
Ce soir-là, vous ne parlez plus, vos yeux font tout le travail avant de céder la place à vos mains. Elle est là, nue, mais vous ne pensez plus à cela. Vous faîtes l'amour sur un air d'Aerosmith, sans doute "Beyond beautiful", mais vous apprecieriez, à ce moment, même un mauvais remix de Björk. Vous ne comptez plus le nombre de fois que vous avez joui, cette nuit n'est qu'un orgasme géant. Vous ne faîtes plus l'amour, vous faîtes l'Amour. Dominique A chante "Dans le lit, tard, nous sommes là/nous recommençons tout/j'ai du mal à y croire" et vous grimacez d'approbation. Vous n'existez plus seul et vous n'avez jamais été aussi bien.
Voilà deux jours que vous la connaissez et déjà vous voyez des monospaces dans ces iris. Vous ne pensez plus 'je' et 'tu', vous voyez 'nous'. Votre livre préféré n'est plus "L'amour dure 3 ans", mais "Roméo & Juliette". Votre couple est rythmé de "mon amour", et vous êtes perdu quand elle n'est plus là pour le dire. Vous pensiez vivre de petite histoire, et vous voilà dans votre grande passion. Déjà, vous voyez, ensemble, regarder "Quand Harry rencontre Sally" allongé dans un clic-clac neuf. Votre monde est beau. Vous êtes dans un trip d'ecstasy sans chute.

La chute est là. L'amour n'est pas beau, il est sale. Sale d'égocentrisme, de jalousie et d'arrogance. Sale de dispute, d'interet et de routine. La vie n'est pas un rêve avec en fond un air de Jeff Buckley. Rien est acquis et c'est tant mieux. La romance m'ennuie. Certes, je rêve de Sally, mais j'ai étouffé Harry. Réellement, pensez-vous que l'amour durera éternellement, qu'il sera clair et limpide. Tout est éphémère. Réveillez-vous. Mourir est la seule chose définitive de ce monde.