turning up the madness
Par gizmo, mardi 18 octobre 2005 à 00:11 // Panser // #59 // rss
ous n'aimez pas les drogués, dénigrez les fous et raisonnez les suicidaires, mais eux savent. Ils savent la peur au ventre qui vous tourbillone les intestins à l'idée de penser, de mettre un frein à votre vie et de contempler votre décrépitude. A travers les fastes de votre existence, vous oubliez les doux parfums d'un autre monde, identique au votre mais tellement autre. Ils ont emprunté un passage vers celui-ci, où votre culture s'évanouie au profit de la liberté, aussi courte qu'elle soit. Ils vous terrifient car ils veulent quitter le navire, refuser votre emprise, déserteur de la morosité ambiante. Vous aimeriez aussi être sur leur embarcation, mais trop ancrés dans votre sinistrose, vous n'osez, alors vous les condamnez.
Moi, je les admire ces desespérés, qui se sont évanouis de mon triste univers. Ils n'ont pas fuis la réalité, ils ont crée la leur, si belle car celle-ci n'est pas peuplée d'hommes, uniquement de leur esprit fertile. A l'apogée de leur desarroi, ils ont mis les voiles vers d'autres lieux, vers d'autres utopies. Et nous, lâches, qui les forçons à revenir parmi nous, pour les assourdir d'un "la vie est belle".
Je les aime car ils ont fait ce que je n'ai pas fait. Je me trouve des accroches pour ne pas partir. Peut-être qu'un jour je leverai l'ancre, qu'à mon tour, je vivrai dans l'artifice ou dans le noir complet.
