Constant en la seule inconstance. Alexander Pope

 lettre

Alexandra, tu m'as tué. J'aimerai que tu lises ces mots, que tu comprennes ce que tu as fait. Que tu saches que tu m'as détruit, anéanti il y a maintenant deux ans. Tu as été tout, avant que je ne devienne plus rien. Bien sûr, je t'ai trop aimé, bien trop, et je le regrette. Je suis un détestable romantique qui veux tout vivre à fond, qui veux du total et du destructeur. J'en suis désolé, mais je ne me change pas, et je crève toujours de jalousie pour un rien. Sans doute, cela devait finir comme ça, sans un mot, sans explications, mais voilà deux ans que je suis assis en tailleur dans les cendres de notre relation à tenter de comprendre. En vain, je t'ai aimé, toi aussi et il a fallut en finir. Seulement, tu vois, je ne crois plus en rien, je te vois en tout. L'amitié est une notion qui n'est que souffrance aujourd'hui. Alexandra, je deteste ce que je suis devenu, un être mélancolique qui n'a plus goût en rien et qui s'attriste de tout. Comprends bien que tu n'es plus rien, mais tu es à l'origine de tout. Alors, je suis là, immergé dans ton oubli.

 hello

Meeting again. Hello. I don't know what to say. It's such been a long time waiting for you. For you.

Meeting again, It's your birthday and I don't know what to say. Hello. Hello. It's been such a long time waiting for you. Waiting for you. Waiting...

Hello, hello, hello, hello, hello, hello, hello, hello, ...

Rhesus - Hello

 indigne

Vous m'aimez et j'en suis profondément désolé. J'ai perdu l'affection et la tendresse que je vous dois depuis bien longtemps. Ce n'est pas de votre faute, je me suis détaché de ce monde, mère, et vos larmes n'y changeront guère. Je m'en veux de les voir ruisseler, elles qui me sont destinés mais qui ne font saigner mon coeur.
Si je parle peu, c'est que je pense trop. Trop de choses qui vous ruinerez, alors je flirt avec le silence. Certes, ce vide vous fait fantasmer sur ma vie, mais c'est peut-être mieux. Sachez que ce n'est pas votre faute si j'ai le coeur ridé de sillon de peine. Vous n'êtes ni la cause, et vous ne serez jamais la solution.

Votre fils va bien.

 turning up the madness

Vous n'aimez pas les drogués, dénigrez les fous et raisonnez les suicidaires, mais eux savent. Ils savent la peur au ventre qui vous tourbillone les intestins à l'idée de penser, de mettre un frein à votre vie et de contempler votre décrépitude. A travers les fastes de votre existence, vous oubliez les doux parfums d'un autre monde, identique au votre mais tellement autre. Ils ont emprunté un passage vers celui-ci, où votre culture s'évanouie au profit de la liberté, aussi courte qu'elle soit. Ils vous terrifient car ils veulent quitter le navire, refuser votre emprise, déserteur de la morosité ambiante. Vous aimeriez aussi être sur leur embarcation, mais trop ancrés dans votre sinistrose, vous n'osez, alors vous les condamnez.

Moi, je les admire ces desespérés, qui se sont évanouis de mon triste univers. Ils n'ont pas fuis la réalité, ils ont crée la leur, si belle car celle-ci n'est pas peuplée d'hommes, uniquement de leur esprit fertile. A l'apogée de leur desarroi, ils ont mis les voiles vers d'autres lieux, vers d'autres utopies. Et nous, lâches, qui les forçons à revenir parmi nous, pour les assourdir d'un "la vie est belle".

Je les aime car ils ont fait ce que je n'ai pas fait. Je me trouve des accroches pour ne pas partir. Peut-être qu'un jour je leverai l'ancre, qu'à mon tour, je vivrai dans l'artifice ou dans le noir complet.

 imbécile

Vous avez des amis et moi je n'ai que vous. Je m'en suis rendu compte dans une voiture à 120km/h avec cette constatation comme seul crash. Ce n'est pas votre faute, c'est toujours moi, bercé de desillusion en desillusion, toujours ébeté par mes sentiments. J'ai cru être quelqu'un, l'unique, une âme-soeur, mais je ne suis rien à tant de kilomètres de vous. Vous avez votre vie et moi je n'ai pas la mienne.

Seulement, parfois j'y crois. Aveuglé de mots, je me dis que vous m'aimez et qu'à vos yeux, je suis. Que vous aussi, vous n'accordez que peu d'importance aux gens autour de vous. Et puis, je vacille. Vous êtes heureuses, moi pas. Je suis si peu sûr des autres. Besoin d'être constamment rassuré. Impression d'être abandonné à chaque instant. Vous avez votre vie, moi pas.

 sans titre 1

Du calme, de l'air, de l'air et puis le silence, libérateur, rien en tête et la profondeur salvatrice, surplombant l'avenir, il le faut, plonger, ne pas penser, surtout, respirer comme si c'était la dernière et sentir, ressentir le vent, s'immerger, se noyer, chuter, toujours plus loin, loin de ce monde pour oublier, s'oublier, la vie, toi, en fermant les yeux, ou les ouvrir, qu'importe, le moment, là, maintenant, puis rien, le vide, incommensurable, le néant annonciateur, incipit de mon trepas, pré mortem, pour la première fois avancer, vite, aspiré, happé, tomber, inexorable descente, vibrer, mémoriser l'instant, voir, ici, quelques mètres encore puis embrasser l'asphalte, plaquer sur le bitume, se blottir contre le goudron, arriver, finir, inéluctable évanouissement, extinction, couché de soleil mortel pour toi, moi, le monde, la vie, mes pensées, mes tourments, et ne plus être mais être bien plus que cela.

Ma vie fut monotone et bien trop lisse.
Qu'un départ précipité ne t'étonne,
Il est 12h56, je ne suis jamais né.

 la plus belle phrase

Ce soir, j'ai découvert la plus belle phrase de la langue française. Quatre syllabes qui sonnent banal, trois mots qui me troublent pourtant.

J'ai envie d'être là, tout à coté, juste te voir, t'entendre, te sentir, même si tes mots se meurent dans le silence coupable. Tu fais parti de moi, je suis, mais seulement avec toi. Tu es une pièce de l'édifice de ma personne, et là, je suis vide de toi, si vide. Tu es loin, trop loin, mais si proche dans ma tête. Je pense à nos vies, à nos dires, et je suis devenu drogué, toi-omane, besoin d'une dose de ta personne pour m'oublier. J'attends.

Ce soir, j'ai découvert la plus belle phrase de la langue française.

 déchu

C'est dans un bar irlandais, perdu dans les fumées tabagiques et la musique gitane que je suis décédé. Un nourrisson se brulant les yeux avec la poudre que vous lui avez jeté. Je suis mort-né, mes ailes brulent, ma haine revient. Vous m'avez menti.

J'ai voulu vous aimé, vivre de nouveau et j'y ai mis du mien. Seulement, je n'y peux rien, vos manières m'insupportent, vos attitudes m'exaspèrent, vos mots m'enragent. J'envie votre superficialité, votre stupidité et vos pensées inconsistantes qui m'usent tant. Vous n'êtes que des imposteurs du haut de vos vêtements bourgeois-bohème et de votre phrasé pseudo-intellectuel. Vous n'êtes rien, tout juste des leurres qui croient être différent, alors qu'ils empestent leur banalité. Vous n'entrerez plus dans mon cercueil. Je suis dans mon linceul, et votre maternité me dégoute. Ma misanthropie renait au coin de vos sinistres sourires, au tournant de vos phrases. Languissant, je m'éteint ce soir, le coeur noir, la tête irritée. Vous m'avez menti.

 je suis né (2)

J'ai écris, sur moi, sur toi, sur vous et j'en suis mort. Mort de solitude, mort de desillusion. A faire du monde une question, on finit par le quitté. J'étais loin de vous, avec elle si loin. Elle, celle qui m'a assassiné.

Seulement aujourd'hui, je vais bien et c'est terrible. Je ne sais pourquoi j'ai été si mal, et je ne sais pourquoi je suis si bien. Je ne contrôle rien. Ce que je sais, c'est que j'ai compris la vie dans ma mort. L'avenir n'existe pas, c'est un mot marketing.

Maintenant, mes écrits seront ennuyeux, gonflés de bonnes intentions et de bons mots, avec une touche de sourire enjoué. Je me deteste déjà.

 your smile is a commercial food

Lost in a middle of a yuppies' party, look at these fuckers dancing around. I am certainly not feeling good but it's a funny way to ease my soul, and now you're softly coming down on me, with a flower in your hair.
The whole world could melt, I don't care because I think, I like you.

And now we're stepping outside with your hand in mine, drinking far too much to realize, and speaking useless words just to hear our voices faintly smiling back to everything. I am sitting next to you at the back of a car, a one night trip to the moon.
The whole world could melt I don't care because I think, I found.

Your smile is a commercial food.

Rhesus - Your smile is a commercial food