Genus irratibile vatum. Horace

 misanthropie culturelle

Chaque jour, vous m'empoisonnez d'un mal insidieux. Je m'imbibe de vos êtres, je suffoque sous vos haines. Je n'ai jamais décidé de vos vies et vous avez envahi la mienne. Je suis devenu un de vos autres, ceux que je deteste. Vos mots se sont infiltrés, je ne suis plus moi-même.
Je vous ai contracté tel un virus et j'ai voulu être différent, trouver l'antidote, mais j'ai l'âme liée, astreinte à vos sentiments. Je vous hais, je me hais et je ne suis plus, plus qu'un reflet de vous. Vous, vous qui m'avez innoculé votre culture égocentrique, matérialiste et sociétal, qui m'avez imposé votre moral, votre point de vue et votre confort. Vous m'avez dépouillé de ma liberté dès lors que j'ai ouvert ces foutus yeux. Je reste enchainé à ma culture, enraciné dans vos vies, contaminé par vos mots. Nul vaccin contre le monde extérieur, trop dépendant de celui-ci, pas d'abjure possible. Le sérum que je cherche n'existe que dans le sommeil, celui qu'on ne vit pas.

Laissez-moi, ou ne me laissez pas. Vous êtes omniscient, omniprésent, omnipotent et je ne suis qu'un de vous.

Alienez-moi.

 esseulé misanthrope

Dupe de mon effusion factice, je vous empoisonne. L'artifice de mon malheur vous consterne mais le malheur de mon artifice me concerne. J'ai pensé que m'ouvrir à vous était mieux que m'ouvrir les veines. Et je me veux honnête, mais je vous heurte.

Je ne suis pas un simple dandy morose mais réellement un être esseulé misanthrope. Vous ne me changerez pas, je n'y arrive pas moi-même. Je suis un figurant qui constate, observateur perpetuel. Ne me comprenez pas, acceptez-moi.

Rien. Je ne suis rien. Mon importance n'importe à personne car rien n'a d'importance. Tant mieux.

 le jour où j'ai plu aux filles

Il est arrivé et je ne suis pas parti. Il m'a changé et je n'ai pas changé. Le spleen est devenu mon charme symptomatique.
J'étais maussade, renfrogné dans ma vie désabusée. Je le suis toujours mais avec un brio et une maestria qui m'intrigue. Fait naissant, ma mélancolie chimérique envoûte, ma neurasthénie pathétique séduit.
J'entretiens mon affliction avec une lassitude exacerbée pour captiver. Jeune homme dérangé plait, je dois m'en complaire.

 let me fall

Let me fall
i will cry
bored of all
all of your lies

let me drown
i will yell
i wanna throw
my life with its pain

let me bury
i will shout
i'm in a hurry
i wanna get out

let me disappear
i won't exist
hidden with no fear
forgotten in my sleep

 forget me in a tears desert

You are my everything
here to make me live
only someone is waiting
only i have to leave

i just wanna see you
a last time before i die
but in my deepest soul
you're shining each day

i can't be there
know that i hoped too
forget me in a tears desert
i never meant to hurt you