Je suis lâche. J'ai craqué pour elle à la tombée de la nuit. Je l'ai trop vite embrassé, mes lèvres se posant sur son corps encore froid et humide. Elle résoudra tous mes problèmes, l'ivresse des premières heures m'en avait convaincu. Je buvais ses paroles mais mon ardeur l'épuisait. Je l'embrassais encore et encore, comme hypnotisé par ses lignes courbes, son teint rougi et sa raideur naturelle. Autant de baiser où s'échangeaient nos salives, que de gorgées de plaisir où je m'oubliais. Elle m'avait enivré par ses charmes orientaux, son parfum de litchi, sa saveur sucrée. Saoul d'allegresse, je n'étais plus moi.

Ils revinrent, elle partit. Mes problèmes guettaient tandis qu'elle s'épuisait. Ils sont entrés brusquement dans mon esprit comme autant de lames acérées, me transperçant ça et là. La gaieté me quitta bientôt comme elle. La mélancolie me revint bientôt comme eux. J'ai perdu la saveur de sa liqueur et retrouvé celle de la souffrance. Tout bascula. J'étais de nouveau seul, sevré de ma drogue. L'euphorie s'est éteinte, mais pas moi, je suis toujours là. Tristement sobre, j'étais moi.