eux
Par gizmo, mercredi 25 mai 2005 à 02:55 // Panser
ela commence par une contraction de zygomatiques au détour d'une conversation. Muscles de mauvaise augure. Comme un condamné attendant son bourreau pour sa sentence, je laisse les phrases s'écouler, ponctuées de leurs sourires maladifs. Je sens le flot de leurs mots en moi, coulant dans chacune de mes pensées, sans sérum pour les éviter. Je les entends du haut de leurs dents blanches et de leurs phrasés impeccables. Je les entends me vomir leur honteux bonheur.
Je m'entends surtout souffrir de leur joie et profiter de ma peine. Leur vie me rappelle trop la mienne, celle que je n'ai pas.
ncore un train. Je suis un tzigane ferrovier. J'habite Paris, Liège, Alençon, l'Inter-city 19967 et le TGV 7049. Je suis sans domicile fixe, mais pas par défaut, par overdose d'habitat. Je dois partir.
e suis lâche. J'ai craqué pour elle à la tombée de la nuit. Je l'ai trop vite embrassé, mes lèvres se posant sur son corps encore froid et humide. Elle résoudra tous mes problèmes, l'ivresse des premières heures m'en avait convaincu. Je buvais ses paroles mais mon ardeur l'épuisait. Je l'embrassais encore et encore, comme hypnotisé par ses lignes courbes, son teint rougi et sa raideur naturelle. Autant de baiser où s'échangeaient nos salives, que de gorgées de plaisir où je m'oubliais. Elle m'avait enivré par ses charmes orientaux, son parfum de litchi, sa saveur sucrée. Saoul d'allegresse, je n'étais plus moi.
ll I want in life's a little bit of love
es yeux se ferment en même temp que mon coeur. Je ne serai jamais heureux car tenter de l'être m'épuise. Quand mon corps est exténué, mon bonheur est atténué. J'ai attrapé le bonheur, je l'ai laché par fatigue.