Je ne suis pas fou. Je ne me drogue pas. Je ne suis même pas un vrai suicidaire. Triste constat.

Ne pas être fou est sans doute la chose la plus dure à supporter. Le fou est si loin de nous qu'il est sans doute plus heureux que moi. La folie est le remède à bien des maux, mais en pharmacie on ne la trouve pas. Mon sérieux me rend malade, ma maladie devient sérieuse.

Trop tôt, j'ai compris trop de choses trop importantes pour quelqu'un de trop jeune. Cela fait trop de trop et me voilà trop sérieux. Si nous devenons fous quand nous avons trop compris, je suis encore trop ignorant. Dois-je continuer pour atteindre la folie ? Négativer sur le monde et mondialiser le négatif. Sombrer dans la dépression en devenant un dépressif sombre. Je suis devenu un jeune homme dérangé.

En vain, la folie ne viendra pas. Je ne me suiciderai pas. Je ne mourrai pas d'une overdose de cockaïne. Autant de fins de vie rêvées d'un intellecte trop sérieux qui n'auront pas lieu. Je finirai mes études, travaillerai dans une entreprise respectable et fonderai une famille. Je ne vivrai pas dans une cabane, je ne ferai pas la révolution et je mangerai des OGM. Ma vie sera uniforme, lisse et mondialisée. Mon sérieux aura raison de moi, moi qui voulais perdre mon sérieux, ma raison.