e matin commence plus tôt que l'après midi. C'est une règle douloureuse, comme les femmes les connaissent. Je n'ai pas compris que le temps s'écoulait en vain. Un jour d'automne, parmi les autres, perdu entre le mois de septembre et celui qui le suit.
Si je vis à deux, je n'ai pas souligné ma profonde solitude. Vous connaissez ça, les rudiments de l'amour, début idyllique, milieu nostalgique puis fin tragique. Je n'y ai pas coupé, une sorte de règle de trois, parsemée de trois ruptures. J'ai écris, tant écris, sur cela, les Mégane Scénic apparaissant à chaque clin d'oeil et la résidence secondaire au soleil. Je suis romantique, et je m'invite à aller me faire foutre. Vous savez déjà tout. Je suis les schémas classiques. Je t'aime, tu m'aimes, et puis finalement, toi, tu ne m'aimes plus. Si ma banalité m'éprouve, mon illusion m'atterre.
Tout commence aux soupçons, à l'idée. On y pense, et puis cela arrive, tous sur le pont, état d'alerte, cris, larmes mais amour. On lui donne un nom en vain, on en parle mais elle se tait. Soutien moral déprimant, entre drille et bouffon, on se tient au scénario. Et puis cela ne suffit pas, comme les fois précédentes. Pas que vos cocasseries ne lui déplaisent, mais vous êtes trop vous. Terrifiant d'être. C'est fini, les haricots pleurent une fois de plus leur fin, vous auriez dut les manger.
Ce que je dis est incompréhensible, et je m'emmerde avec un moi majestueux.
J'ai 21 ans, je suis croyant en une forme de rêve qui n'a plus court. Celle d'ébetement facile aux charmes délicieux, aux moments futiles et aux gestes maladroits. Je suis romantique et j'emmerde moi, à défaut de m'emmerder. La desillusion est la pire ennemie du rêve car elle ne le tue pas, elle l'amoche. Vous rêvez en moins beau pour les rendre à porter de coeur. De cela nait que haine du coupable que vous aimez. Vous n'avez qu'envie de l'étrangler langoureusement, de l'étreindre aussi fort que vous l'aimez jusqu'à son dernier souffle. Vous haissez votre adoration, mais vous êtes cloisonné.
Je t'aime-erde de tout mon coeur.